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Les orgues de salon.

 


Au 18° siècle, il fut à la mode de posséder chez soi toutes sortes d’oiseaux chanteurs. A force de patience on constata que certains oiseaux comme le canari ou le rossignol étaient capable d’apprendre de courtes mélodies. Nombre de livres furent donc édités pour conseiller les « professeurs » sur les meilleures méthodes à adopter pour apprendre à son canari une ritournelle. C’est ainsi que pour préserver le souffle de leur professeurs, l’on adopta un petit instrument mécanique au registre aigu, convenant au timbre des oiseaux. On baptisa cet instrument « serinette », mot dérivé de serin.

Très peu d’instruments du 18° siècle furent conservés. Une fois la mode des oiseaux chanteurs passée, les serinettes furent vite abandonnées au vu de leur médiocre qualité musicale. On continua malgré tout à en fabriquer au cours 19° du siècle, où elles furent alors vendues comme jouet.

« Quand on se propose de dresser un canari il faut s’armer de patience, sinon tout effort sera vain,… . Cinq ou six leçons par jour sont amplement suffisantes… . A chaque leçon on rejouera les morceaux plusieurs fois de suite et on les jouera toujours en entier … . Les personnes qui ont la poitrine délicate… peuvent jouer d’un petit flageolet organisé, … dont le prix est de 50 livres environ »
Extraits de « The bird Fancyer’s Delight », Londres 1717-1830
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Les facteurs d’orgues mécaniques dans le but d’accroître leur clientèle, continuent à perfectionner leurs serinettes afin de faire taire ceux qui remettaient en cause leur qualité musicale. C’est ainsi qu’au cours du 19°siècle on vit apparaître des serinettes de plus grande taille et avec plusieurs jeux de tuyaux. Ces grosses serinettes parfois appelées peroquettes ne se différencient de l’orgue de barbarie que par leur répertoire, leur finition et les matériaux utilisés. Les orgues de barbarie étant joués par tous les temps et manipulés parfois avec rudesse, l’ensemble des tuyaux sont réalisés en bois. Les tuyaux des instruments destinés au salon bourgeois sont quant à eux pour la plupart en alliage plomb-étain tout comme ceux des orgues d’église.

orgues mécanique de salons



A la même période, un conflit s’installe dans nos contrées entre les défenseurs des orgues mécaniques et leurs destructeurs. Certains leur reproche toujours leur sonorité trop puissante ou leur justesse parfois toute relative, mais le conflit s’envenime au moment où certains pensent placer des instruments mécaniques dans les églises ou aucun organiste n’est disponible. Il n’en faut pas plus pour crier au blasphème. On trouve malgré tout quelques exemples dans le Nord de la France mais surtout en Angleterre ou il semble que l’idée n’aie pas souffert des mêmes préjugés.

La fin du 19° siècle marque l’arrivée d’un nouveau type d’instrument de musique dans les salons. Le début de l’industrialisation permit de fabriquer pour un coût abordable, du moins pour les familles aisées, de gros orgues de barbarie. Leur construction s ‘apparente plus à celle d’un orgue d’église, ils jouant à l’aide de cylindres . Ils pouvaient mesurer de 2 à 3 mètres de hauteur et étaient richement décorés. Evidemment le répertoire de ceux-ci était sensiblement différent, on y retrouvait en plus des airs populaires et d’opéra, des sonates, des symphonies et des chants religieux. Les arrangements musicaux, vu les plus grandes possibilités de ces instruments, étaient plus proches des compositions originales. Il ne fut plus rare de rencontrer ces instruments dans les salons bourgeois, dans les fumoirs, dans les salons de thé, dans les palaces et même sur de gros paquebots où ils tuaient l’ennuie des riches passagers lors de leurs longues traversées.

Aujourd’hui ce type d’instruments à cylindre est très recherché par les collectionneurs. La fragilité des cylindres ont rendu la plupart d’entre eux inutilisable. En effet, si l’on a persévéré à faire jouer l’appareil alors que les balanciers et autre renvois étaient grippé, ceux-ci ont arraché irrémédiablement tout ou une partie des clous et picots garnissant les cylindres, et rendant ainsi l’instrument muet a tout jamais.
 

Bien qu’aujourd’hui certains orgues de barbarie moderne utilisent des bandes de papier perforé en lieu et place des cylindres, c’est surtout pour instrument de plus grandes que ce support fut salutaire. C’est en Allemagnes, autour de 1880 que le système fut perfectionner pour que l’on puissent envisager son  application à grande échelle. Ce fut une véritable révolution et bien qu’au départ ce système fut destiné aux orgues, il fut utilisé surtout pour les pianos. Le système fut plusieurs fois perfectionné et, entre les deux guerres, aux Etat Unis d’Amérique, un piano neuf sur deux était équipés d’un système de jeux automatique à bande de  papier perforé.

Au départ l’on entrepris d’abord de transformer les instruments dont les cylindres étaient endommage au dans l’utilisation était trop pénible, mais bien vite ont mis au point des instruments destinés dés leurs  conception a utilise ce système par plus pratique. Aujourd’hui lorsque l’on regarde les catalogues des fabricants de bandes de papier perforé, on ce rend compte combien ce systèmes fut populaire. La souplesse du mécanisme permis également la fabrication de machine jouant plusieurs instruments : des pianos-orgues, des pianos-violons, et toutes sortes de combinaisons.

Tout ces instruments aujourd’hui paraissent bien éloignés de l’orgues de barbarie et de la serinette, mais c’est bien la même démarche, celle de reproduire de la musique de manière automatique, qui motiva les inventeurs à créer et à perfectionner de nouveau instrument tout long de ces Siècle.